Echos du séminaire national sur la biodiversité
Article mis en ligne le 1er mars 2015
dernière modification le 8 février 2019
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Séminaire sciences et société : biodiversité Plan national de formation – Ministère de l’Education nationale 14 et 15 novembre à Paris

 

Posons le décor…

L’objectif du colloque était d’ouvrir un dialogue entre des scientifiques, des professionnels des questions de la biodiversité, partenaires de l’école et des professionnels de l’Education nationale. Il s’agissait également de former et donner outils et ressources pédagogiques permettant à chacun de s’approprier ces questions, d’en débattre afin de les intégrer aux enseignements ou de préparer des projets pluridisciplinaires. Dans l’amphi du palais de la porte dorée, environ 80 personnes de toute la France, beaucoup de l’Education nationale, les plus nombreux semblants être les professeurs de SVT ainsi que des inspecteurs, 2 ou 3 représentants d’associations. A la tribune, de nombreux intervenants du Muséum d’histoire naturelle dont son président Gilles Bœuf, des chercheurs de l’INRA, du CNRS, de l’université, des cadres de l’Education nationale. Du côté des partenaires, seuls la main à la pâte, F3E et Wild touch ont présenté leurs projets.

Un contenu scientifique riche amenant à élargir notre vision de la biodiversité

La biodiversité ne se limite pas à un nombre, à un catalogue d’espèces. Cette notion d’espèces est finalement assez floue et aucun critère n’est absolu : la non interfécondité entre espèces est assez souvent démentie (tous les mulets pas exemple ne sont pas stériles), les critères génétiques ne sont pas non plus aussi carrés qu’on aurait pu le croire. Le vivant ne se plie pas aussi facilement à la mise en boîtes. Les nouvelles connaissances scientifiques entraînent souvent des recompositions de ces boîtes (par exemple, 2 espèces décrites sur des lieux différents se montrent n’en être qu’une seule,…). De plus, il est en constante évolution sous le jeu des interactions multiples entre espèces et avec le milieu physique. Les mécanismes de sélection naturelle reposent sur une variation génétique au sein d’une espèce ou d’une population, l’une des variantes présente un avantage, se développe et est transmise. (exemple des résistances aux pesticides, de la population inuit dont les glandes sudoripares sont concentrées sur le visage, de la couleur de la peau humaine : noire à l’origine sur le continent africain, devenant plus clair quand homo sapiens a migré vers le nord puis à nouveau plus sombre quand il a envahi l’Amérique du nord au sud). Quand il n’y a pas de pression de sélection du milieu, une même espèce peut revêtir des formes très diverses : exemple des races de chien très diverses alors que les autres canidés ont des tailles et des formes proches les unes des autres (loup, renard…) C’est pourquoi l’estimation du nombre total d’espèces conduit à des résultats très divers :

• 2 millions d’espèces décrites,

• 18 000 espèces nouvellement décrites chaque année (et même quelques vertébrés) dans de nouveaux habitats (exemple des nappes sous-terraines sous les rivières, de nouveaux territoires (en Nouvelle Guinée ou dans les sources hydrothermales) et grâce à de nouvelles méthodes de recherche.

• Différentes extrapolations, modélisations ont conduit à diverses estimations du nombre total mais la plus récente et la plus probable est de 7 à 10 M d’espèces. Il faudrait 250 ans pour les décrire ! … au risque que bon nombre d’entre elles aient disparu avant. La plupart des espèces sont rares car inféodées à un biotope très restreint (en Colombie 700 espèces d’arbres et pour chaque espèce 700 espèces de coléoptères).

A maintes reprises au cours de ces journées, ont été soulignés la nécessité d’aborder le monde vivant dans une dynamique, et de parler très tôt d’évolution même avec des enfants d’école primaire. Les écosystèmes ne sont jamais en équilibre stable mais en équilibre dynamique. « Cela simplifierait beaucoup la compréhension des enfants si on commençait l’étude du vivant par l’évolution » (Jacob)

 

Un constat sans appel de l’urgence de la situation

• Ce qu’il faut retenir des précédentes crises de la biodiversité, c’est l’échelle de temps nécessaire pour un retour à un certain équilibre de l’ordre de plusieurs dizaines de M d’années.

• Le nombre d’espèces déclarées éteintes dans la nature (liste rouge UICN) est faible (865) mais les groupes les plus abondants (arthropodes par exemple) ne figurent pas dans cette liste.

• Pour les groupes les plus connus (oiseaux et mammifères), on peut comparer le rythme normal de disparition (4 à 7 extinctions depuis 1500) au rythme observé (215 depuis 1500) mais ce sont les groupes qui font l’objet des principales mesures de protection.

• On sait qu’il y a une corrélation entre les superficies des milieux naturels et le nombre d’espèce. Plus on détruit les milieux, plus on détruit les espèces avant d’avoir le temps de les connaître.

• Les estimations actuelles du taux d’extinction sont de 1000 à 10 000 fois le taux naturel.

• La situation est si alarmante que des conservatoires de génomes sont réalisés (graines sous les glaces du Spitzberg) ou en projet (arche de Noé, encapsulation de génomes etc.)

• Autres indices : la forte diminution de la taille des poissons pêchés

• Un rappel de la vaste étendue des services rendus par la nature est effectué … A noter en particulier des études montrant que les personnes vivant à proximité d’un parc en ville sont en meilleure santé, la biodiversité des bactéries permet de limiter la dissémination des pathogènes, le vivant est aussi source d’inspiration pour beaucoup de réalisations humaines (biomimétisme).

De plus en plus de scientifiques parlent de l’ère de l’anthropocène (nouvelle époque géologique, qui aurait débuté avec la révolution industrielle, période à partir de laquelle l’influence de l’homme sur le système terrestre serait devenue prédominante)

Quelle biodiversité enseigner ?

Le principal message adressé aux formateurs et enseignants est une vigilance par rapport aux conceptions fixistes et émotionnelles (bonne nature à conserver en l’état). Ce qu’on doit plutôt enseigner ce sont des approches dynamiques basées sur l’étude de l’évolution. La biodiversité pourrait faire partie des compétences du socle commun. Il était prévu une présentation du récent rapport de Jacques Moret, recteur qui s’est excusé. Des éléments didactiques et pédagogiques ont donc manqué.

Outils pédagogiques présentés

• Méthodes d’études de terrain (Berlèse, pelotes de réjection, quadrats, transects etc.)

• Main à la pâte : La démarche suivie est basée sur 10 notions clés pour enseigner les sciences de la maternelle à la 3ème . Ces notions sont traduites en cartes conceptuelles (éléments, concepts, liens) à partir desquels sont élaborés des scénarios conceptuels avec les formulations élèves pour un niveau de classe. Un module A l’école de la biodiversité a été élaboré pour le cycle 3 et adapté pour le cycle http://www.fondation-lamap.org/fr/biodiversite

• Plateforme numérique muséum pour les formateurs, enseignants, élèves avec divers modules : enseigner la classification et évolution, approches interdisciplinaires de l’évolution, biodiversité et EDD… Bientôt des modules pour le primaire www.plateforme-depf.mnhnfr

• Suivi des expéditions d’inventaire de la biodiversité (Santo, Antarctique, Papouasie …) http://plateforme-depf.mnhn.fr/course/view.php?id=117

• Vigie nature école (muséum en lien avec d’autres associations comme Noé, LPO, CPIE) : le programme vigie nature a démarré en 1989 avec le programme stoc (suivi temporel des oiseaux communs). Sa déclinaison vers le monde scolaire a débuté en 2010. Ce dispositif de science participative stimule les observations locales de terrain, permet aux enfants d’être en contact avec la communauté des chercheurs, de faire le lien entre le local et le global… Les enseignants disposent d’outils pour faciliter la recherche (planches d’identification par exemple) et de données globales à interpréter avec les élèves. 3 projets sont en cours : « escargots », « sauvages de ma rue » et « spipoll » (photos de pollinisateurs), d’autres sont à venir : vers, chiroptères, oiseaux, littoral. Une adaptation à l’école primaire est en cours. http://www.vigienature-ecole.fr/

• Eco-école avec un thème sur la biodiversité http://www.eco-ecole.org/

• Accompagnement du film « Il était une forêt » : Différents outils et activités sont ainsi développés par Wild-Touch en collaboration avec des partenaires pour toucher les enfants en cycle primaire et secondaire, ainsi que des groupes d’enfants en activités extra-scolaires.

1) Pastilles vidéo et fiches pédagogiques pour expliquer des phénomènes scientifiques http://www.wild-touch.org/apprendre-la-nature/

2) KITS PÉDAGOGIQUES EN PARTENARIAT AVEC LE CRDP Paris pour les classes du premier degré (CM ; 8-10 ans) et du second degré (collège/lycée) avec un dossier de présentation du film et des dossiers pédagogiques, des documents textuels, filmiques et iconographiques, une bibliographe et une sitographie sur le thème de la forêt http://crdp.ac-paris.fr/seanceplus/foret/index.html

3) Partenariat WE LEARN IT : appel à un film collaboratif « je raconte ma forêt » courant l’année scolaire 2013/2014.



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